Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

21/01/2008

Au pays de Samarkand

96ab5b7471c229da40716ec392b6c477.jpg

Destination tendance prisée par des Français de plus en plus nombreux, mais aussi par des Japonais et des Coréens, l’Ouzbékistan, carrefour touristique entre l’Europe et l’Asie, fut depuis toujours un centre commercial et religieux. Les plus grandes civilisations participèrent à la création de ce pays médian entre les frontières de l’Eurasie.

La cour de la mosquée Tilla Kari à Samarkand est un jardin planté d’arbres. Tout autour, abritées sous les arcades ornées de majoliques, les portes basses des anciennes cellules d’étudiants ouvrent aujourd’hui sur des échoppes d’artisanat. A la lumière de l’unique ampoule suspendue à la voûte, Slimane déballe sur le sol les riches étoffes brodées, les suzanis chamarrés, les soieries de couleurs… Parfois son visage se fend d’un large sourire sur ses cinq belles dents dorées. Les Ouzbeks, hommes et femmes, sont fiers d’arborer ainsi les signes matériels de leur réussite. Dans ce pays jeune, qui se reconstruit après plus de 120 années de domination russe puis soviétique, l’ascension sociale se mesure ainsi parfois naïvement au nombre de dents en or. A la possession d’une voiture aussi. Indispensable pour se déplacer dans ce pays vaste, entre les déserts et les oasis, dans les villes qui s’étalent à l’horizontale le long de boulevards sans fin et de larges avenues arborées. Samarkand et Tachkent vivent à l’ombre des chênes et des platanes. Partout des fleurs en parterres et en grappes, des vignes en treilles pour couvrir les façades et les patios. A Boukhara, des mûriers centenaires ombrent de grands bassins à gradins que l’eau des nappes vient remplir et qu’entourent les élégantes galeries de bois des mosquées et les coupoles turquoise des médersa. L’Ouzbékistan est un pays de cultures, de riches oasis nées de la savante gestion de l’eau de trois fleuves. Ils prennent leurs sources dans les hautes montagnes du Pamir et s’en vont se perdre dans les steppes arides du nord en deltas morts vers des marécages et d’immenses lacs fluctuants, comme la mer d’Aral. Ce sont, à l’ouest,  l’Amou Daria dont les eaux irriguent la région du Khorezm avec Khiva comme ancienne capitale, à l’est, le Syr Daria qui abreuve la région de l’actuelle capitale du pays Tachkent, et au centre, le Zeravsthan qui alimente le pays de Samarkand et de Boukhara, les anciennes capitales de l’Asie centrale, un fleuve qui disparaît dans le sol sans avoir  jamais vu la mer.

 

Des villes

4e160eec8b7367573ed061cbd042597c.jpg
Boukhara. La façade de la madrasa Mir-i-arab de l’ensemble Poy Kalon, la plus belle place de la ville. Cette école coranique forme encore les futurs imams du pays.
Dans ce riche pays au climat continental, les civilisations se sont succédées. Des villes ont été édifiées, déplacées, détruites depuis la plus haute antiquité. Boukhara par exemple serait plus ancienne que Rome. Mais la ville actuelle n’a conservé que le souvenir des villes qui l’ont précédée. Elle a changé d’emplacement. L’ancienne Samarkand occupait elle aussi un site différent de celui sur lequel Tamerlan a choisi d’édifier la capitale de son empire. C’est un peu en dehors de la ville sur les hauteurs de collines pelées que se trouvait la ville d’Afrosiyah, détruite par Gengis Khan. Les Russes, derniers conquérants de l’Asie centrale préférèrent eux aussi implanter leurs villes en dehors des agglomérations existantes. De larges avenues sur des plans réguliers en damiers comme à Tachkent ou Boukhara, en étoile comme à Samarkand, avec des jardins publics et des places immenses ornées de fontaines et de monuments au lyrisme pompier. Si cette politique volontariste d’étalement urbain a marginalisé les centres anciens, devenus comme des villages au milieu des villes, elle a par ailleurs contribué à leur conservation.  Boukhara la ville oasis, traversée de canaux a conservé nombre de ses médersas, ces anciennes universités religieuses. La ville en aurait compté près de 300. Et nombre de mosquées également, sans compter les caravansérails et les coupoles de commerce qui couvraient les croisements des rues principales du bazar. Boukhara était un des lieux de commerce les plus importants de toute l’Asie centrale. Aujourd’hui, Boukhara est une ville vivante et animée. Autour de son centre historique, elle abrite plus de 300 000 habitants, ce qui en fait la 4e ville du pays. Son économie est basée sur la culture de céréales et de coton et elle possède la plus importante raffinerie de pétrole du pays.

 

Samarkand, est fière de son passé de capitale du plus vaste empire jamais rêvé, celui d’Amir Timour, notre Tamerlan, qui aurait dit pour justifier la mégalomanie de certaines de ses constructions : « Si quelqu’un doute de notre force qu’il vienne voir nos constructions ». Les arcs d’entrée de ses mosquées et de ses médersas sont les plus hauts, ses coupoles les plus audacieuses. Au centre de sa ville, au croisement des six rues principales, la place du Registan encore entourée sur trois côtés par les façades à étage, les minarets bariolés et les coupoles bleues de ses médersas, constamment rénovées, reste un des plus beaux ensembles d’architecture. Tamerlan avait rêvé pour lui-même une modeste crypte qu’il avait fait préparer dans sa ville natale, c’est sous la coupole nervurée de l’impressionnant Gour Emir qu’il repose  désormais avec les membres de sa famille.

A l’Ouest du pays, la citadelle de Khiva est toujours entourée de ses remparts de terre qui ondoient et semblent gonflés comme des outres pleines. Cette ville musée, patiemment restaurée, entre autres avec l’aide de l’Unesco, est un labyrinthe de médersas et de mosquées, de palais aux galeries ciselées de bois et de majoliques.

Algèbre et religions

Dans l’Islam médiéval, science et religion faisaient bon ménage. L’enseignement était dispensé dans les médersas, véritables institutions qui formaient l’élite intellectuelle et religieuse du pays.

Au 9e siècle, Boukhara était devenue l’un des centres culturels et intellectuels du Maveramah en même temps que le foyer de cultures arabe et perse. Al Khawarizmi, mathématicien célèbre pour ses traités d’algèbre, aurait laissé son nom à l’<algorithme> moderne. Avicenne (Ibn Sina), philosophe, médecin et poète, est né en 980 à une centaine de kilomètres de Boukhara. Son contemporain, Al Birûni, mathématicien, astronome, mais surtout géographe et cosmographe, voyagea d’Iran en Inde et travailla beaucoup en Asie centrale notamment sur ses célèbres tables astronomiques. Omar Khayyam, savant et poète persan du XIe est plus célèbre aujourd’hui pour ses poésies aux relents pessimistes et blasphématoires (ses célèbres quatrains) que pour ses travaux d’astronome et de mathématicien. Les plus grands érudits du monde musulman étudient et enseignent dans les 250 madrasas de la ville. Les étudiants arrivent d’Arabie, d’Irak et même d’Espagne pour apprendre dans l’une des plus grandes bibliothèques du monde musulman. La perle d’Orient rayonne dans tout l’Occident. 

Le pays se trouve également au carrefour des quatre grandes religions mondiales avec les vestiges du bouddhisme à Termez dans le sud, de nombreux temples orthodoxes, les synagogues juives de Boukhara et les nombreux sites sacrés pour l’Islam qui classent l’Ouzbékistan en seconde position après l’Arabie Saoudite. Les Ouzbeks sont aujourd’hui à 85% musulmans, mais la pratique quotidienne de l’Islam y est vécue avec modération. Pas d’appel à la prière du haut des minarets. Pas de pression sociale pour la pratique du jeûne en période de ramadan. Une laïcité de façade. La période soviétique a fait avancer la société sur certains points essentiels comme l’égalité entre hommes et femmes que personne ne semble vouloir remettre en question.

A la croisée des routes (et des explorateurs)

Samarkand, Boukhara, Khiva, Tachkent… c’est par ces villes étapes de la route de la soie que transitaient toutes les richesses du monde. La route était parcourue de commerçants chargés de soie, de jade, d’épices, ou d’ambre et le soir, dans les caravansérails, d’étranges histoires se racontaient, mêlant mythes antiques, peurs ancestrales et légendes.

Plusieurs témoignages de cette épopée nous sont parvenus dont le premier ouvrage rédigé par Marco Polo, plus ambassadeur que commerçant, qui raconte les aventures d’un marchand occidental sur la Route de la soie. Cet exemple fera école. Un demi-siècle plus tard, le marchand florentin Francisco Balducci Pergolotti écrira un guide pratique à l’attention des commerçants se rendant en Chine. Si les commerçants ne faisaient qu’une partie du chemin, des ambassadeurs, des explorateurs ou des missionnaires entreprenaient de longues expéditions qui duraient plusieurs années, certains consacrant une partie de leur vie à un seul voyage. Tel le voyageur arabe Ibn Battuta qui, au début du 14e siècle parcourut le monde pendant plus de trente ans. Tels aussi Clavijo, Schuyller ou Ella Maillart.

Au carrefour des Empires

Les conquérants d’Asie centrale ont tour à tour détruit ou bâti empires, villes, civilisations alors que les peuples se mélangeaient au rythme des migrations dans un <melting pot> de croyances religieuses, de langues et de cultures. A 21 ans, Alexandre le Grand se rend maître de l’Egypte, de l’Asie Mineure puis de la Perse achéménide en 330 av JC. L’empire perse unifie alors tout l’Orient connu, du Nil au Syr Daria. De l’autre côté du toit du monde, la Chine entame ensuite son inexorable expansion vers l’Ouest. C’est au milieu du second siècle avant notre ère que les deux mondes vont se rencontrer. A cette époque, les Xiongnu, nomades huns fort belliqueux mordent la frontière de la Chine. Wou-Ti, empereur de Chine, envoie en 140 av JC un émissaire, Tchang-Kien négocier un accord avec les Barbares. Capturé à deux reprises par les Huns, celui-ci ne rejoint la Chine que 13 ans plus tard, après s’être informé des possibles routes commerçantes. Cette ambassade marque le début de l’expansion chinoise en Asie centrale et des échanges commerciaux de la Route de la soie.

Au 7e siècle, la conquête arabe s’étend vers l’Asie centrale. Suivie au 13e de l’invasion mongole menée par Gengis Khan qui s’empare de Boukhara, Samarkand. Descendant de Gengis Khan, Tamerlan a bâti au 14e siècle un immense empire qui allait de Moscou à Delhi, de Bagdad aux abords de la Mongolie. Souverain de la Transoxiane et seigneur de Samarkand, il est aussi un fervent promoteur des arts et des sciences comme en témoigne l’imposant patrimoine architectural de Samarkand. Oulough Begh, son petit-fils, lui succède. Plus passionné d’astronomie que de guerre, il consacre Samarkand comme capitale de la culture et de la science au 15e siècle.

Après ces grands conquérants, des khans ouzbeks s’installent à Khiva, à Boukhara et à Kokand, faisant de ces villes d’éternelles rivales. Elles sont ensuite l’objet de ce que Rudyard Kipling appela le grand jeu entre Russes et Britanniques avant d’être envahies par l’Empire russe des tsars. Puis par les soviétiques jusqu’à l’indépendance, le 1er septembre 1991.

Aujourd’hui, le pays, gouverné par Islam Karimov, ancien secrétaire général du part communiste, est au centre de rivalités politiques entre les USA, la Russie et la Chine qui cherchent à contrôler ses fantastiques réserves de gaz et à prendre position dans cette région stratégique, au nord de l’Afghanistan. L’Ouzbékistan dispose d’importantes ressources minières, de réserves en or et en pétrole, gaz et uranium et d’une culture agricole très variée : le coton et la soie, mais aussi quantité de légumes et de fruits dont plus de 120 variétés de raisins.

Au tournant du siècle

Les chameaux ne trottent plus en file indienne sur les antiques routes des caravanes. Les camions qui se suivent sur les routes souvent défoncées d’Ouzbékistan transportent de lourdes canalisations de métal pour l’irrigation ou des cargaisons débordantes de coton. Le commerce entre l’Occident et l’Extrême-Orient se fait désormais par voie maritime. Déjà à la fin du 19e siècle, le chemin de fer construit par les Russes (avec l’aide d’ingénieurs belges) avait remplacé les caravanes qui transportaient le coton en Inde. Les commerçants préféraient le train et les longs trajets en bateau plutôt que de traverser les montagnes périlleuses d’Afghanistan. Le pays replié sur lui-même, sur ses richesses minières et ses cultures se libère lentement de l’héritage collectiviste. Les salaires sont faibles, la terre qui appartient toujours à l’état est parfois mise en location, mais tous les ans en septembre, l’état réquisitionne dans les écoles la main d’œuvre nécessaire à la récolte du coton. L’Ouzbekistan tenu de main de fer est cependant fier d’être un pays en paix après quinze ans d’indépendance. L’ouverture se fera-t-elle par le biais du tourisme  ? Des équipes d’archéologues ont mis à jour le site bouddhique, la mosquée et la synagogue de Termez, invitation à une nouvelle forme de tourisme hors des sentiers battus. Vaste chantier pour des architectes intéressés par la restauration ? De nombreuses madrasas sont déjà répertoriées comme libres à la rénovation dans le vieux Boukhara. L’ambassade d’Israël vient d’acheter l’une d’elles pour en faire un musée intitulé <La maison de la mémoire> en hommage à l’importante communauté juive installée à Boukhara. L’Ouzbékistan dispose d’un climat plus que favorable avec 8 mois de beau temps par an. Notre consul, Jean-Claude Beaujean pense même que le pays peut devenir un lieu de retraite privilégié, les Ouzbeks, particulièrement attentifs aux personnes âgées – qui vivent encore en famille avec leurs enfants et petits-enfants – disposent d’un quota important de médecins et d’infirmières très qualifiés.

Au vu de la situation afghane notamment, les Ouzbeks aspirent avant tout au calme, à la quiétude familiale et à pouvoir faire des affaires dans un pays jeune, en plein développement, qui doit entamer un grand tournant : passer du commerce de bazar au commerce national et international.

Quentin Wilbaux et Christiane Thiry – photos Quentin Wilbaux

Nos coups de cœur

Tachkent

Une balade de nuit dans le Broadway de la ville, la place Amur Timur.

Boukhara

Restaurant Shark, à gauche du Boukhara Palace. Très bonne cuisine traditionnelle Rue Navoi (65) 223 50 04

Minzifa. Nouvelle cuisine d’inspiration locale dans un cadre simple et raffiné

Toki Sarrafon 1st Tardind Dome (65) 224 61 75 www.minzifa.com

Hovli poyon, maison d’hôte dans une ancienne demeure restaurée avec goût.

15, Usmon Hodjarva (998) (65) 224 18 65 Hovli-poyon@mail.ru  Samarkand

Crystal. Un vrai petit restaurant dans une maison du quartier russe. Large choix de salades délicieuses, caviar, plats entre 2 et 4 dollars. Vin de Samarkand

3, rue Ataturk (ex-rue Ouzbekistan) (3662) 33 10 16

B&B Antiqa, deux maisons traditionnelles transformées en maisons d’hôtes et gérées par les sœurs Aziza et Kutbya au cœur du quartier historique. Repas le soir sur demande dans la cour arborée. 56-58, rue Iskandarov (662) 35 20 92, 35 81 85

118b5c509f5e88070c7b255d61d31993.jpg
 

Sur les traces de Gengis Khan et de Tamerlan

La Libre Essentielle vous invite à découvrir du 15 au 25 avril 2008 l’Ouzbékistan, un pays étonnant au cœur de l’Asie centrale. Longtemps fermé au monde occidental et pourtant berceau de la culture humaine, vous y découvrirez des peuples chaleureux et des monuments prestigieux : cités au passé glorieux, architectures aux mosaïques éblouissantes, sites archéologiques témoins d’une histoire où se succédèrent à travers les siècles conquérants implacables et bâtisseurs de génie.

Vous vibrerez aussi à  la magie de cette « route de la soie » qu’empruntèrent autrefois les caravanes chargées d’épices et de parfums, et ce n’est pas sans émotion que vous visiterez Tachkent, capitale du pays, Samarkand, l’un des plus anciens foyers culturels au monde, Boukhara, célèbre pour ses 360 mosquées, et  Khiva dont l’architecture unique n’a pas d’équivalent en Asie centrale.

Vols assurés par la compagnie aérienne régulière Ouzbékistan Airlines, hôtels 3 et 4 étoiles et accompagnement de Bruxelles à Bruxelles.

Réservez dès aujourd’hui et soyez les quelques privilégiés qui participeront à ce voyage inédit.

Programme

Jr 1   Départ de Bruxelles et envol de Paris CDG vers Tachkent

Jr 2  Arrivée à  Tachkent

Jr 3  Tachkent / Ourgentch - Khiva

Jr 4  Ourgentch - Boukhara

Jr 5  Boukhara

Jr 6  Boukhara

Jr 7  Boukhara – Samarkand

Jr 8  Samarkand

Jr 9  Samarkand – CHAKHRISABZ - Samarkand

Jr 10 Samarkand - Tachkent

Jr 11 Tachkent – Envol vers Paris/CDG, continuation vers Bruxelles .

Pour toute information : YC Art et Culture

Tel : 02/738 74 22

c.lapchin@ycare.be 

www.ycare.be

26/11/2007

En Norvège avec des âmes de feu

4e57242a51a752d446f3a355535ef3e1.jpg

 En Norvège avec des âmes de feu 

Pays de passionnés , de conquérants, entre mer et glaciers, fjords et forêts . Découverte de la Norvège via des âmes de feu, les Ildsjel, des personnes qui vivent et représentent une vision du monde en harmonie avec la nature.

La Norvège, qui était jusqu’en 1969 l’un des pays les plus pauvres de l’Europe, dispose depuis la découverte de pétrole en 1969,  d’un niveau de vie parmi les plus élevés à l’échelle européenne. Traditionnellement dirigée par un roi depuis les Vikings jusqu'à aujourd’hui,  la Norvège est restée longtemps un pays de fermiers et de pêcheurs. Un peuple connecté à la nature comme ces âmes de feu qui font le fil rouge de ce voyage, Des personnes qui éprouvent de la passion et vivent leurs rêves. Dans un pays où tout est public, où tout doit être ouvert au public : le parc du palais royal comme toutes les forêts norvégiennes. La nature appartient à tous.

Un pays de battants !

4a468d1b8cfe4284533b436c0c9070aa.jpg

C’est par Oslo et par le Sud que l’homme est arrivé en Norvège. Quand l’agriculture fait son apparition, elle est pratiquée sur les terres basses, légères et fertiles des moraines glaciaires qui traversent l’embouchure du port d’Oslo et la région de Stavanger. Oslo c’est l’un des fleurons du patrimoine culturel et artistique norvégien. C’est aussi la beauté d’un littoral rocheux, échancré et poli par les glaciers, ponctué de plages, des pins torturés, arc-boutés contre le vent du large. Une ville jeune, détendue jusqu’au sans-gêne qui symbolise cette nation encore un peu gauche, mais toujours plus sûre d’elle-même qui a émergé à la fin du millénaire. Malgré un succès économique partout perceptible, la vie a gardé une certaine bonhomie que la modernisation du centre ville libéré d’une grande partie de ses voitures ne fait que confirmer. Les quartiers qui le bordent, reconquis par la jeunesse, ont acquis une nouvelle identité et une dimension cosmopolite digne d’une véritable capitale. Après des années de croissance anarchique, Oslo tente de recoudre un tissu urbain déchiré par l’industrie et la circulation automobile et de reconquérir les friches industrielles, principalement autour du port. Le quartier d’Aker Brygge, ancien chantier naval, est un exemple réussi de cette politique.

a816c68bf28e0cf6c5dd9de2cf29c360.jpg

Détente et plaisir

b129507f9be3437450a20e1aab48d5e3.jpg
fc563d5d247c76efd6d00102c3f80db1.jpg

Le dimanche, sous un ciel grand bleu et une chaleur de plomb, promenade dans un vieux bateau en bois dans le fjord d’Oslo. Fourmillant de ferries, de bateaux de croisière, de yachts, il dénote la passion des Norvégiens pour l’eau et la nature. Oslo le dimanche c’est aussi du bronzing sur les vedettes sillonnant le fjord, sur les pontons de bois des villas au bord d l’eau. Dans le parc Frogner, espace de détente très fréquenté par les sportifs et les familles, la curiosité principale se trouve dans la partie du parc où sont disposés, en une rigoureuse scénographie, les groupes sculptés par le Norvégien Gustav Vigeland pendant 40 ans. Rien de gratuit dans les dimensions ou dans les proportions de ce peuple de géants : l’artiste a voulu insuffler une humanité poignante à des colosses nus, chauves, musculeux et immuables.

ed30a4c4db0abd2c7e66511ae3caab73.jpg

Bygdoy est la grande presqu’île qui s’allonge à l’Ouest de la capitale. Dans un environnement des plus séduisants, au cœur d’un quartier résidentiel connu se trouvent quelques-uns des musées les plus remarquables de Norvège. Le Norsk Folkemuseum est le musée de la culture populaire norvégienne par excellence. Dans un grand parc verdoyant ont été regroupés 155 édifices d’origine rurale et urbaine, des chalets de ferme et des maisons en bois construits d’imposants troncs d’arbres entrecroisés, qui illustrent l’histoire et les modes de vie des différentes régions du pays.

baaf57f0999bf66a87f4152050e3457d.jpg
b49096b7eec37d4c1a39dba7f5923c67.jpg
0e79ab6164e76e6638b22b74ca35816e.jpg
La stavkirke de Gol (début 13e siècle), reconstruite sur une éminence, est caractéristique des « églises en bois debout » ou « églises-poteaux » par sa construction  et par son ornementation faite d’animaux fantastiques et d’entrelacs complexes et infinis.
8da8447dfdfeee6274862ea67005c124.jpg
556f0833cfab85df2321f9f2aa639fd0.jpg
L’appel de la mer

Le musée des Bateaux vikings a été spécialement construit entre 1926 et 1932 pour abriter les trois bateaux qui avaient été exhumés, miraculeusement conservés, sur les rives du fjord d’Oslo, embarcations qui servirent de sépulture à de puissants personnages. L’exposition rend compte de la grande maîtrise des Vikings en matière d’architecture navale. Les navires des Vikings furent l’instrument majeur de leurs conquêtes. Adaptés à la navigation en haute mer, ils pouvaient aussi, grâce à leur faible tirant d’eau d’à peine 1 mètre remonter les fleuves et même traverser des isthmes de terre ferme tirés sur des rouleaux.

a3e980bb8812ae426179e23ba9de1415.jpg

Non loin de là, le Fram, navire polaire qui servit aussi aux expéditions d’Otto Sverdrup au Groenland, au début du 20e siècle et à celle vers le pôle Sud de Roald Amunden. Il se visite dans son décor d’origine.

La vie ardente des fjords

4dfbf64b823c7056c0d277d1b5269216.jpg

Arrivée au charmant village de Flam niché au fond d’un étroit bras du fjord. Une poignée de locaux passionnés y met tout en œuvre pour faire survivre la culture locale et la faire découvrir aux touristes. Jorunn Heggdal propose une découverte originale de l’histoire des montagnes et de la région via des tours personnalisés à la rencontre d’autres personnalités tout aussi passionnées qu’elle. Accompagner Jorunn c’est apprendre à connaître Flam et la vallée avec un guide personnel. Jorunn est née et a grandi à Flam. Nous la suivons chez l’une de ces passionnés : Indredal, fermière et enseignante tout à la fois, elle fabrique du fromage à l’ancienne dans des chaudrons immenses ( potholes en norvégien) avec le lait de ses chèvres qu’elle doit descendre elle-même des pâturages jusqu’à sa ferme. Ensuite, montée vers les alpages jusqu’à la ferme Holo Gardstun où la vue du fjord Aurland est splendide. Deux passionnés de nouveau.

2f087c5aadaa540264555de5ab1b4da3.jpg
413f5e0f9267a5053014a7e52c1dd4c9.jpg
143526fcc3a8ea5d060fa0b14820951b.jpg

Liliy nous accueille dans sa coquette maison de montagne devenue maison d’hôte et nous fait découvrir sa viande fumée, ses saucisses de chèvre et de renne, son pain, son jus de pommes et son cake. Tous produits maison qu’ils servent à domicile. Descendants des mêmes familles depuis 1600, le couple élève plus de 110 moutons. Tous sont solidaires dans la vallée pour restaurer d’autres fermes et conserver vivantes leurs traditions. Un témoin, l’église de Flam, édifiée en 1668 avec le bois de la construction de la première église érigée juste après l’introduction du Christianisme vers l’an 1000.

La passion de la tradition et de la fête

Surnommée la Rome du Nord par les 7 collines qui l’entourent, Bergen, ville culturelle, se niche au bord du Byfjord. Depuis la fondation de la ville en 1070 par le roi Olav Kyrre, Bergen a attiré à elle des hommes d’horizons très divers. Certains sont venus et repartis, d’autres sont restés. Bergen s’est développée autour du port, devenant la ville du commerce, de l’artisanat et de la navigation par excellence. A l’époque c’était la plus grande ville en Scandinavie, la première capitale des souverains.

a17b1f25817ab119d7ba24e084e2c9f7.jpg

Au 14e siècle, son importance était telle que la ligue hanséatique choisit d’installer l’un de ses comptoirs de commerce dans le quartier de Bryggen. Certains de ces commerçants allemands restèrent définitivement et, des générations plus tard, leurs descendants sont toujours là. Les célèbres façades du quai de Bryggen sont restées telles quelles depuis le 12e siècle, traversant les siècles comme en songe. Avec leurs pignons de bois, les maisons de la ligue semblent les jumelles en bois des maisons brugeoises. 

211366bb664f0619d76f056ecb78f810.jpg

Les grands marchands étaient aussi férus d’art et de culture. Ce sont eux qui ont permis à la ville de devenir un pôle de culture. C’est ici que s’est formé un des tout premiers orchestres symphoniques du monde et qu’a été inauguré le premier théâtre national. C’est aussi le berceau du grand compositeur Edward Grieg. Chaque année, la ville attend avec impatience le retour du Festival international de Bergen, le plus grand événement culturel du pays avec ses concerts en tout genre, ses ballets et ses pièces de théâtre. Les habitants de Bergen sont fiers de leur ville et de ses traditions. Ils ont su préserver ce passé et un sens de la fête aiguisé. Les cafés et les restaurants de poissons sont souvent complets et la journée, il suffit de faire un tour au marché toujours très vivant, le Fisketorget pour manger à même le quai du saumon fumé et des crevettes tandis que les habitants achètent quenelles de poisson et brioches à la cannelle.

9de083db772f98f9487829e08600513d.jpg
48faf76aeb25963cf7d58a6696041ed5.jpg

Au-delà du port, de charmantes maisons de bois accrochées à flanc de montagne côtoient d’anciennes maisons de maître. Ces îlots du passé intégrés dans des quartiers plus modernes témoignent du souci de la ville de préserver son architecture si particulière. C’est pourquoi, au cours des siècles et malgré de nombreux incendies, Bergen reste une des plus grandes villes de maisons de bois d’Europe voire la plus grande. Chacun y veille à entretenir et protéger ce patrimoine.

bc4443657bcabff4626b5229fa7c9271.jpg

L’hôtellerie, une vocation familiale

7c89cfc9ff1385c01c3add33dd1352a0.jpg
616f6f4ad22f9d049703a5b82e3de40a.jpg

 A 30 km de Bergen, le Solstrand Hotel & Bad, très bel hôtel datant de 1896 se cache dans un cadre exceptionnel en bordure de fjord et avec vue sur le glacier de Folgefonna. Depuis trois générations, il est tenu par la famille Schau-Larsen. Il se compose de plusieurs maisons de bois entourées d’un grand parc. Atmosphère chaleureuse et intime dans les salles de réception décorées de couleurs vives et chaudes, longs salons et restaurant élégants teintés de l’atmosphère du début du siècle dernier. Nous sommes accueillis par la femme du propriétaire, Madame Schau-Larsen qui nous fait découvrir une région en pleine évolution. Ici histoire et traditions vivaces se conjuguent à une vie culturelle trépidante. Tout est proche : la montagne et la mer : on peut skier le matin et nager l’après-midi. La mer reste omniprésente : des bateaux font la navette d’île en île, pour le travail ou le marché. C’est le paradis du kayak.

0588b34876d6feb00f2d0389888b6917.jpg
179246f1f54935d57b71d95878a909f8.jpg

Des vétérans passionnés

54bc024f063136d4856451a0590c563b.jpg

« Nous avons toujours été un peuple de la mer », souligne Madame Schau-Larsen qui nous emmène dans l’atelier de Oselvar, le conservatoire de la construction navale traditionnelle. Oselvar, c’est le nom de l’un des rares types d’embarcation construite selon une tradition artisanale ancestrale, restée intacte jusqu’à nos jours. La différence entre un Oselvar d’aujourd’hui et les petits bateaux utilisés par les Vikings est infime. Les constructeurs  modernes appliquent pour l’essentiel la même technique et se servent des mêmes outils. Si l’on a aujourd’hui recours au rabot électrique et à la scie à ruban pour dégrossir les bordages et autres pièces de bois, la technique d’assemblage est la même qu’autrefois. A la fin du siècle dernier, ce savoir-faire ancestral était sur le point de disparaître, à Os comme partout ailleurs. C’est pour sauver ce métier et le transmettre que la commune de Os établit en 1997 la fondation de l’atelier de Oselvar avec les deux derniers vétérans de la construction de Oselvar en activité et deux jeunes apprentis. En 2004 l’atelier comptait quatre employés permanents et un apprenti. En 2007, la formation continue. La Fondation est l’une de rares initiatives qui se consacre à la conservation de la tradition artisanale des bateaux bordés à clins. Pour assurer cette mission,  l’atelier construit des bateaux pour la vente et coopère avec le Musée des bateaux vikings de Roskilde au Danemark et d’autres musées d’Europe du Nord.

L’art inspiré de la mer

d73a0f029485bb5385531fae7bead9cd.jpg
692683ad5ee2a49976e0435894244676.jpg

Rencontre avec des artistes locaux comme une jeune danoise qui a repris la Veldhomen Galeri où elle expose ses œuvres et celles de jeunes artistes de la région, œuvres inspirées des couleurs des fjords et des formes marines ou comme Arne Maeland, sculpteur installé dans une centrale électrique et qui crée des œuvres monumentales en marbre. ‘J’aime les gens qui vivent leur culture à fond et font ce qu’ils aiment » Les choses bougent en Norvège, ici comme à Oslo où les quartiers industriels sont investis par des de nouvelles entreprises mais aussi par des artistes qui explorent le verre et différentes techniques. Il faut dire que la nature est suggestive : on peut faire ici des promenades fantastiques, vivre avec l’ombre en hiver et la lumière en été, expérimenter les grandes variations du climat norvégien. Prendre un bain d’eau froide dans le fjord à Noël… » Pour la propriétaire du Solstrand, l’hôtellerie c’est aussi la possibilité de mettre les femmes en avant, de leur donner un travail : 120 femmes travaillent ici et 15 hommes !!!!

La ville de l’art nouveau

144cd4e2ffa71a54364793f4225cef42.jpg
a796b4dffd12f90f7dc5cf9e95a5945d.jpg

Alesund, ville côtière de 40.000 habitants, a des allures d’archipel grâce aux quatre îles sur lesquelles elle s’étire. Une nuit d’hiver, en 1904, alors que soufflait la tempête, tout le centre ville fut ravagé par les flammes. Seuls quelques rares bâtiments ont survécu au désastre et 10.000 personnes se sont retrouvées sans abri. La ville renaît de ses cendres, reconstruite en un temps record dans le style art nouveau de l’époque dont les tours, les pointes et décors végétaux émergent au détour de chaque rue.

c3d9f3e8f9c7d123c73bccea866ec1ae.jpg
86d7c942a558faa320cd021920a3856e.jpg

Un centre de l’Art Nouveau y a été ouvert en 2003 dans l’ancienne pharmacie du Cygne, qui abritait l’officine et l’habitation familiale de Jorgen Ovvre, et qui est l’œuvre de l’architecte norvégien Hagbart Schytte-Berg. Le bâtiment actuel, classé monument historique,  a été inauguré en 1907. Il a servi de pharmacie jusqu’en 2001. La pièce maîtresse de la maison est la salle à manger, dont l’intérieur, unique, et les meubles ont été dessinés par l’architecte. Le buffet est un exemple représentatif de l’influence exercée par l’ornementation des stavkirke (églises en bois debout) et de l’ère viking avec les cordages sculptés très présents.

La passion du métier

dba5fac594c8e6e5e3366fbb8fac4032.jpg
Bjorn Sandnes en haut du phare de Alnes

Accueil par Bjorn Sandnes, directeur de l’agence Destination Alesund & Sunnmore. Il travaille dans une corporation d’Alesund et d’autres municipalités  pour promouvoir la région. Alesund est une destination très prisée pour les fjords. La projection de développement du marché russe pour le tourisme est de 150% en un an ! La région est aussi sollicitée pour des voyages incentive en forte augmentation (plus de 50%) et par le tourisme national (+ 50%).

aa01fec6d86cd508d09f3fc0c6808f62.jpg

Par ailleurs, Alesund vit de l’exportation de thon et d’une grande concentration d’entreprises maritimes de haute technologie (matériaux de construction maritime). A Alesund, les bateaux sont omniprésents : les gens viennent en bateau jouer au football dans le stade et beaucoup viennent travailler le matin par bateau. Même impression à Alnes, village de pêcheurs où chacun a son bateau et où les anciennes cabines de pêcheurs sont réaménagées pour le tourisme.

0bed6f8503991a8413c73409dcfcc341.jpg
Une maison médiévale du musée Sunnmore près de Alesund

Le phare de Alnes a été racheté par une association locale d’amoureux du phare pour mettre à l’honneur les artistes locaux. Ce phare-galerie, classé aujourd’hui, est une construction tout en bois soutenue par une structure métallique, datant du 18e siècle mais agrandie au 19e. « L’idée, nous dit l’une des membres de l’association qui assure la permanence, est de conserver une atmosphère maison, garder l’atmosphère dune maison telle qu’elle était ».

99bc472c443d19d07c22f582a763c3cd.jpg

Avec une maîtresse de maison qui prépare des gâteaux et du café pour les visiteurs. A l’étage une très belle exposition d’un peintre norvégien, Ornulf Opdahl , connu pour ses connexions avec la mer et les maisons de pêcheurs. Le phare change d’exposition tous les mois pour se faire la vitrine de l’art de la mer. « Au niveau touristique, je suis là pour vendre un art de vivre pas des motos », souligne Bjorn.

La passion tout court

326a7a8df2b1d07e40f2c4bb6b725196.jpg

A Saebo, Bjorn nous emmène au restaurant Rekkedal Gjestehus tenu par un couple d’amis. Bjorne Rekkedal, après avoir travaillé notamment pour l’organisation des JO de 1992 a décidé de changer de vie et de retourner vivre dans la maison occupée par ses ancêtres depuis 1604. Avec sa femme Margrethe, qui travaillait dans une banque, ils ont décidé de restaurer les lieux. Aujourd’hui la maison propose chambres d’hôtes et restauration fine composée de produits locaux produits dans leur ferme et vins du Nord de l’Italie dans un cadre magique, mi gustavien mi toscan. Les chambres décorées avec un raffinement extrême respirent le bois, le lin frais et la dentelle.

1b7dfbf98bd34fe3e69b326fc309ec98.jpg
2393de3c605c9f1e54cb4efb16f4798a.jpg

La passion de la nature

ae69fd972a2af4bc53660c8341c6ec05.jpg

Découverte des fjords Hjorundfjord (Saebo, Oye et Standal). Nous embarquons dans un petit bateau avec un groupe d’enfants de Saebo qui vont à la piscine dans un village voisin. Depuis 1951 chaque village a son école.  Les villageois se relayaient pour y apporter du bois et la chauffer avant l’arrivée des enfants. Une semaine l’un, une semaine l’autre, à tour de rôle. Au bord de l’eau, dans l’un des villages, se trouve encore l’unique salle de danse où se rendaient les jeunes pour jouer de la musique et danser. En 1977, en se rendant à un mariage, 30 personnes ont été tuées dans leur bateau par une avalanche. Aujourd’hui encore, malgré la route, certaines familles récoltent le lait de chèvre qu’un  bateau vient chercher en hiver car les routes sont trop dangereuses à cause de la neige. La vie dans les fjords reste une affaire de passionnés…

c17fd89725ec99cf0f666dfa4f469525.jpg

Un reportage réalisé par Christiane Thiry et Quentin Wilbaux à découvrir dans Libre Essentielle du 8 décembre!!!!

Secrets norvégiens Fjords et Glaciers

3db2b6893bd8299d7f430425a3e9f79b.jpg

Du 8  au  15 Juin  2008, La Libre Essentielle vous emmène au-delà des montagnes, à la découverte de la Norvège. Dans des paysages étonnants et somptueux où la grandeur imposante des glaciers succède à la majesté des fjords.   En plus des incontournables Sognefjord, Hardangerfjord et Geirangerfjord, notre circuit vous permettra de découvrir Oslo, magnifiquement située sur l’Oslofjord, Bergen et ses maisons hanséatiques au bord de l’eau, Alesund entièrement construite Art Nouveau sur plusieurs îles reliées par des ponts… Un voyage pour les amoureux d’une nature protégée au cœur d’une Norvège intacte, belle et insoumise où vous vivrez rencontres émouvantes et moments uniques !

Programme

Jr 1              Vol Bruxelles/Oslo.  

Jr 2              Découverte de Oslo        

Jr 3              Myrdal - Flam  -  le Sognefjord

Jr 4              Le Hardangerfjord

Jr 5              Découverte de Bergen  

Jr 6              Découverte de Alesund

Jr 7              Le  Geirangerfjord

Jr 8              Vol Oslo/Bruxelles 

Réservez dès aujourd’hui et soyez les quelques privilégiés qui participeront à ce voyage inédit. Pour toute information : YC art et culture  02/738 74 22 c.lapchin.@ycare.be   www.ycare.be

21/08/2007

Barcelone, gothique avant-gardiste

ac922cfa193a4b8326a7cb6904c46816.jpg

Barcelone, gothique avant-gardiste.

Des flèches de la cathédrale aux tours qui fleurissent et se projettent sur les rives de la Méditerranée, en survolant les grues de l’éternel chantier de la Sagrada Familia , Barcelone arbore fièrement ses architectures novatrices.

Descendre et remonter les Ramblas : la promenade des Barcelonais avant la tombée du soir. Sous les arbres et les lampadaires, les artistes de rue se succèdent, romains en toges, ballerines immobiles, satyres cornus et bondissants. Passée la Plaza Catalunya , s’ouvre la Barcelone des grandes avenues et ils se font plus rares.  Celui-ci a accroché des bandes de plastique blanc sur une grille de ventilation du métro. Il en en a fait des grandes boucles, avec des nœuds pour les tenir entre elles. Le souffle chaud sorti du sol gonfle cette fragile structure qui se balance et respire jusqu’à plus de six mètres au dessus de sa tête. Une voûte éphémère. Un appel du sol vers le ciel. Un tout petit rien, un cadeau de légèreté pour attirer les piécettes des passants curieux, et qui disparaîtra plus tard dans la nuit du Passeig de Gracia. A deux pas se trouve la casa Mila , d’Antonio Gaudi, appelée aussi la Pedrera, dont les combles voûtés, hérissées de cheminées délirantes, abritent une rétrospective des œuvres et des théories constructives du génial architecte catalan. Parmi les photos et les maquettes, des fils noués suspendent de petits sacs de sable, formant comme un collier en trois dimensions. Un grand miroir permet de visualiser la structure à l’envers, les fils semblent alors suspendus en l’air par des centaines de ballons pour former un réseau complexe de voûtes et d’arcs. C’est la représentation du principe de la chaînette, forme d’arc et de voûte adoptée par Gaudi parce qu’elle semble guider naturellement les charges vers le sol. Avec l’arc brisé, les maîtres de l’art gothique avaient approché sans l’atteindre, cette forme jugée parfaite et dictée par la matière. La fragile structure de vent de l’artiste du Passeig de Gracia se fait  ainsi l’écho d’aujourd’hui des rêves de Gaudi. C’est au temple de la Sagrada Familia que l’architecte a  tenté de matérialiser ses rêves de structures naturelles dans un style unique, mélange d’art nouveau et de gothique incandescent. Commencé en 1882 le chantier est loin d’être achevé. Le travail continue, au rythme des dons ; la nef est presqu’entièrement couverte et le porche d’entrée est sous échafaudage. Gaudi y est mort en 1926 au milieu de ses esquisses et maquettes, travaillant sans relâche dans la crypte à enrichir les détails de son œuvre en gestation: colonnes arborescentes, fusées de lave turgescentes brandissant des calvaires auréolés. Les œuvres de Gaudi sont toujours l’attraction majeure des visiteurs de Barcelone. Près des Ramblas, le palais Guell est en rénovation, mais l’on ne peut manquer la visite du parc construit pour le mécène sur les hauteurs de la ville, ni la façade de la casa Battlo , étrange comme une pouponnière de baleines. Les petites suivent la plus grande. La bouche ouverte en guise de véranda, elles tentent de sourire, des fémurs bloqués entre leurs dents. Ricanement des gargouilles de la cathédrale, ébahissement du poisson de métal que Frank Gheri à placé face à la mer, entre les tours jumelles du port olympique, Barcelone continue de défier le ciel, comme Christophe Colomb qui du sommet de sa colonne dominant le vieux port, tend le bras et semble guider la capitale catalane vers de nouveaux projets audacieux.

4362c826aa4c1ea4b32d8f910126fb6d.jpg

 Les vieux quartiers se rénovent autour de projets contemporains emblématiques. Le marché de Santa Caterina s’est couvert de vagues multicolores à la lisière du Sant. De l’autre côté du quartier gothique, c’est le Raval qui est en pleine mutation. Des boutiques de créateurs s’installent aux alentours du MACBA, le musée d’art contemporain de Barcelone.

Le bâtiment, dessiné par l’architecte américain Richard Meier fêtera ses douze ans cette année. En façade, c’est un jeu savant de formes géométriques découpées et imbriquées de grands panneaux blancs qui contrastent avec une grande verrière barrée de pare-soleil. On le découvre au détour des ruelles fermant une place qui lui sert de parvis. Bien avant les grandes transformations de la ville pour les jeux olympiques de 1992, qui lui ont redonné l’accès à la mer, Barcelone avait affirmé son goût pour les architectures novatrices. La ville est fière d’avoir abrité le pavillon que l’architecte Mies Van der Rohe avait édifié pour l’exposition internationale de 1929. La pureté de ses formes, la justesse de ses proportions, le jeu parfait des matières dans la lumière, verre, travertin, onyx doré, marbre vert, l’audace de sa structure de métal chromé presque invisible, en font un des chefs d’œuvre de l’architecture du XXè siècle. La chaise « Barcelone » que Mies van de Rohe  avait créée spécialement pour ce pavillon est restée un des grands classiques du design contemporain. Le pavillon démonté en 1930 a été méticuleusement reconstruit il y a une vingtaine d’années à l’emplacement même qu’il occupait en 1929. De l’autre côté de la Plaça Espanya , les anciennes arènes de Barcelone sont en pleine rénovation. Vidées de leurs gradins, il ne reste aujourd’hui que la façade du tambour hissée sur une structure de béton et de métal que l’on devine derrière les barricades de couleur et les échafaudages. On y mettait à mort parait-il plus de 200 taureaux par an. Demain ce sera un centre récréatif et commercial de 110.000m2. le projet est dirigé par un collectif d’architectes dont Alonso Balanger et Richard Rogers. L’ouverture est prévue en 2008.

Jean Nouvel s’est-il inspiré des travaux de Gaudi pour dessiner la forme oblongue de sa tour Agbar ? Une double structure de verre et d’aluminium coloré aux nuances rouges et bleues forment l’ « obus » ou le « suppositoire » comme le surnomment certains Barcelonais qui n’ont pas encore tout à fait intégré cette tour de 142 m de hauteur qui rivalise dans leur paysage avec les flèches de la Sagrada Familia. «Ce n’est pas une tour», explique l’architecte, «mais une masse fluide qui a perforé la terre!».  Les Catalans ne sont pas au bout de leur étonnement : d’autres tours sont en projet à Barcelone. La tour spirale, dessinée par Zaha Hadid comme un empilement de plateaux rectangulaires imbriqués, devrait bientôt prendre sa place au centre du campus El Besos de l’Université Polytechnique de Catalogne.

 

Avant la fin de 2009, les tours Fira du japonais Toyo Ito, se répondront dans le ciel du quartier de l’Hospitalet del Llobregat. L’une d’elles s’ouvrira vers le ciel comme une fleur, reflétée par l’autre dont la façade cristalline révélera sa structure centrale conçue comme un double formel de la première. La tour diagonale 00 du siège de la compagnie téléphonique de Catalogne conçue par l’architecte Enric Massip-Bosch, avec 110m de hauteur et 24 étages, intégrera dans sa double peau  quantité d’innovations bioclimatiques ; cette tour blanche et organique accompagnera le grand triangle bleu du « Forum » des architectes suisses Herzog et de Meuron à la rencontre de la grande avenue diagonale qui traverse toute la ville et de la Méditerranée. Mais le projet le plus fou sera sans doute l’immeuble « Sagrera » conçu par Frank O. Gehri qui, avec ses 145m de hauteur et ses formes éclatées de métal et de verre, devrait faire partie des quatre plus hautes constructions de Barcelone.

 

Barcelone.

Carnet d’adresses :

Où dormir :

« Casa Camper » : dans le quartier Raval, un concept novateur en hôtellerie.

Elisabets, 11, tel : 933426280. www.casacamper.com

« Arts » : en bord de mer, un hôtel de luxe dans une tour qui domine le port olympique. Marina, 19-21. Tel : 93 221 10 00. www.harts.es

Restaurants :

 « La Gavina » ou « Cal Pinxo »: Deux restaurants méditerranéens, cuisine de poissons et crustacés en terrasse sur le vieux port ou sous les arcades du « Palau de Mar ».
Pla Pau Vila, 1. Tel : 93 221 05 95.

« Los Caracoles » : cuisine traditionnelle catalane dans un cadre typique des vieux quartiers. Incontournable et pittoresque.
Esculleders, 14. 93 302 31 85.

Où déguster des tapas :

Lonja de tapas : dans le quartier du port et tout près de santa maria del Mar, un petit resto spécialisé en tapas de poissons et fruits de mer.
Pla de Palau, 7. Tel : 93 268 72 58.

« Taxidermista » sur la Plaça Reial , cuisine du marché, tapas et bar à vin. Plus d’une centaine de vins espagnols à la carte.
Plaça Reial , 8. Tel : 93 412 45 36.


 

Barcelone.

Carnet d’adresses :

Où dormir :

« Casa Camper » : dans le quartier Raval, un concept novateur en hôtellerie.

Elisabets, 11, tel : 933426280. www.casacamper.com

« Arts » : en bord de mer, un hôtel de luxe dans une tour qui domine le port olympique. Marina, 19-21. Tel : 93 221 10 00. www.harts.es

Restaurants :

 « La Gavina » ou « Cal Pinxo »: Deux restaurants méditerranéens, cuisine de poissons et crustacés en terrasse sur le vieux port ou sous les arcades du « Palau de Mar ».
Pla Pau Vila, 1. Tel : 93 221 05 95.

« Los Caracoles » : cuisine traditionnelle catalane dans un cadre typique des vieux quartiers. Incontournable et pittoresque.
Esculleders, 14. 93 302 31 85.

Ou déguster des tapas :

Lonja de tapas : dans le quartier du port et tout près de santa maria del Mar, un petit resto spécialisé en tapas de poissons et fruits de mer.
Pla de Palau, 7. Tel : 93 268 72 58.

« Taxidermista » sur la Plaça Reial , cuisine du marché, tapas et bar à vin. Plus d’une centaine de vins espagnols à la carte.
Plaça Reial , 8. Tel : 93 412 45 36.